Couverture du roman graphique Simone Veille l'immortelle.
BD

Simone Veil, l’immortelle

L’histoire d’une combattante racontée en bande dessinée.
Le 2 mai dernier, comme chaque année, la vie s’est figée dans tout Israël pendant deux minutes pour marquer la journée de la Shoah en mémoire des six millions de victimes juives du nazisme durant la Seconde Guerre mondiale.
De mon côté, j’ai lu le roman graphique dédié à la vie de Simone Veil: Simone Veil, l’immortelle.

Son destin hors du commun, déjà salué par bon nombre d’intellectuels et d’artistes, a également inspiré un auteur de BD, Pascal Bresson. Après avoir passé 3 ans à tout lire sur cette grande dame, il la fait revivre sous le trait de crayon fin et élégant de Hervé Duphot
Même si son histoire et son combat sont bien connus, c’est toujours assez incroyable de prendre conscience qu’à la fin de son bac, elle n’est pas allée le fêter avec ses copains car elle a été déportée au camps d’Auschwitz. Elle aurait pu figurer dans Culottés de Pénélope Bagieu dont je t’ai déjà parlé, tant elle a écrit une page de l’histoire de France dans ces années où les mouvements balancetonporc et metoo étaient inexistants.

« Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d’hommes- aucune femme ne recourt de gaîté de coeur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. »

Le parti prix de l’auteur n’est pas de retracer toute sa vie mais de s’arrêter sur le projet de loi sur l’IVG en novembre 1974. 

De nombreux flash back nous plongent dans sa jeunesse et témoignent de manière plutôt didactique du quotidien des camps de concentration. Maltraitance, épuisement physique, brimades, manque de nourriture, conditions d’hygiène catastrophiques, déshumanisation, perte des valeurs morales, exécutions arbitraires… 

Est-ce ce traitement en images certes statiques mais tellement réel que l’émotion a été si forte ? C’est sûrement aussi ce jeu de bichromie alternant entre des jaunes dorés, bleu pastel, vert kaki et ce gris acier qui accentue tellement la noirceur des camps de concentration. 

C’est en tout cas un très beau roman graphique, intense, poignant et instructif.

Accessible à tous, ne serait-ce pas là le meilleur moyen de perdurer le devoir de mémoire à ces générations pour qui cela ne représentera peut-être qu’un vague chapitre du cours d’histoire-géo ?

"Il faut transmettre, témoigner, c’est une nécessité aussi urgente que cruciale pour nos jeunes. C’est en se projetant dans un avenir commun, en ayant foi dans les valeurs de la démocratie et du respect d’autrui, qu’ils parviendront à dire non à toutes les idéologies de haine et de violence et qu’ils construiront  un monde plus juste et plus fraternel."
Simone Veil
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